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Portrait des lauréat·es de l'EHESS des prix de la Chancellerie des Universités de Paris 2020

Prix et récompenses

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07/12/2020

Début décembre 2020, Laura Khoury, José Montalbán Castilla et Cécile Thomé, trois jeunes docteures et docteurs de l'EHESS, recevaient le prix de la Chancellerie des Universités de Paris pour leur thèse soutenue entre 2019 et 2020. Voici leurs parcours et leurs sujets de recherche.


Laura Khoury - Prix en Sciences économiques (2e prix)

Assurance chômage optimale et comportements en emploi

Après une classe préparatoire littéraire B/L, je me suis spécialisée en économie en suivant le master Politiques publiques et développement à l’EHESS – École d’économie de Paris. La place importante accordée aux politiques publiques et l’intégration de l’économie au sein des autres sciences sociales est ce qui m’a attirée dans ce master et ce qui m’a incitée à poursuivre en doctorat Analyse et politique économiques à l’EHESS – École d’Économie de Paris.

Mes travaux de thèse portent sur l’effet des paramètres de l’assurance chômage sur le marché du travail. Alors que la littérature s’est beaucoup intéressée à l’effet d’allocations chômage plus élevées sur la durée du chômage par exemple, je me suis concentrée sur le comportement des personnes en emploi et des employeurs. Je montre que les employeurs et les travailleurs intègrent les paramètres de l’assurance chômage, notamment dans leurs décisions de rupture de contrat de travail. Ces travaux s’appuient sur de riches données administratives fournies par l’assurance chômage, pour mesurer précisément les réactions comportementales au niveau individuel. J’ai réalisé mon doctorat en collaboration avec l’Unédic, qui m’a permis de prolonger cet ancrage dans les politiques publiques.

Je poursuis aujourd’hui mes recherches en postdoctorat à la Norwegian School of Economics (NHH) sur les sujets des assurance sociales, du marché du travail et l’économie du crime.

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José Montalbán Castilla - Prix en Sciences économiques (1er prix)

Addressing Inequalities in Education: Need-Based Grants, Gender Differences and School Choice

Après un diplôme en économie, une année en tant qu'analyste de données dans un think-tank et un master en analyse économique à Madrid, j'ai décidé d'intégrer le master Politiques publiques et développement à l’EHESS – École d’économie de Paris. La grande qualité du master en évaluation des politiques publiques et sa formation complète au croisement avec d’autres sciences sociales m’ont convaincu de poursuivre en doctorat Analyse et politique économiques à l’EHESS – École d’économie de Paris.

Au cours des dernières décennies, des données empiriques et des modèles théoriques ont démontré que l'éducation est une voie cruciale d'ascension sociale et de croissance économique. C'est ce qui m'a conduit à consacrer ma thèse à l’économie de l'éducation. En particulier, ma thèse de doctorat porte sur l'impact des inégalités d’éducation. Les sources de ces disparités peuvent provenir des caractéristiques des élèves (sexe, ethnie, statut d'immigrant, etc.), du contexte familial (niveau de revenu, capital humain des parents, etc.) et/ou de l'environnement social (espace géographique, aménités locales, caractéristiques des paires, etc.). Cette thèse examine trois sources d'inégalités éducatives à différents niveaux d'éducation (pré-élémentaire, primaire, secondaire et supérieur) dans le contexte de l'Espagne. Elle s'articule autour des effets causaux de politiques éducatives déployées à grande échelle sur l'efficacité et l'équité des systèmes éducatifs. J'ai récolté un grand nombre de données administratives et conçu et collecté des données d'enquête, que j’exploite par des techniques économétriques expérimentales et quasi expérimentales pour répondre aux questions de recherche pertinentes pour l’élaboration de politiques publiques.

Aujourd'hui, je continue la recherche en tant que professeur assistant à l'université de Stockholm (SOFI à SU) en économie de l'éducation et en économie du travail.

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Cécile Thomé - Prix en Lettres et Sciences humaines (toutes spécialités)

La sexualité aux temps de la contraception. Genre, désir et plaisir dans les rapports hétérosexuels (France, années 1960 - années 2010)

Après des études à l'ENS de Lyon et une année passée à l'université de Berkeley, j'ai intégré en 2013-2014 la mention « Genre, politique et sexualité » du master 2 Recherche de sociologie de l'EHESS. Je désirais en effet me spécialiser en sociologie du genre et de la sexualité et l'EHESS représentait une véritable opportunité de ce point de vue, grâce aux multiples séminaires sur ces thématiques accessibles dans le cadre de ce master. Mon mémoire, qui portait sur l'utilisation du préservatif masculin, a été dirigé par Michel Bozon, qui a ensuite accepté d'encadrer ma thèse, également réalisée à l'EHESS (entre 2014 et 2019) et intitulée « La sexualité aux temps de la contraception. Genre, désir et plaisir dans les rapports hétérosexuels (France, années 1960 - années 2010) ».

Celle-ci porte sur les recompositions de la sexualité hétérosexuelle et des rapports de genre en France, depuis les années 1960, dans un contexte de généralisation de l’utilisation de la contraception médicale. Il vise à faire la sociogenèse des scripts de la sexualité « contraceptée », que cette contraception soit assurée par des moyens « médicaux », des méthodes barrières ou encore par des méthodes alternatives souvent qualifiées de « naturelles », comme le retrait ou les méthodes d’auto-observation. La thèse restitue d’abord la construction et le déroulement de l’enquête, en interrogeant épistémologiquement la sexualité aux différentes ères de la contraception. Il s’agit de réfléchir à la construction d’un objet qui ne va pas « de soi », ainsi que de mener une réflexion méthodologique sur les conditions de possibilité d’une telle recherche sur la sexualité. Puis c’est une démarche sociohistorique qui est adoptée, avec l’étude de l’évolution de l’articulation entre sexualité et contraception, en particulier autour de la diffusion de la contraception médicale (années 1960-1970) et de celle du préservatif (années 1980-1990). La recherche montre que le plaisir sexuel des femmes n’est pas né avec la pilule, mais également que les rapports de genre autour de la sexualité se sont largement recomposés dans cette période, alors que la contraception passait du statut de compétence masculine à celui de responsabilité féminine. En se centrant ensuite sur le milieu des années 2010, la thèse s’appuie sur l’étude détaillée des pratiques contraceptives, pour approcher la sexualité et les réflexivités sexuelles créées par chaque méthode. Revenant successivement sur les méthodes médicales, les méthodes barrières et les méthodes alternatives de contraception, elle met au jour trois types de réflexivité sur la sexualité (attentive, obligatoire et amplifiée), c’est-à-dire des rapports différenciés à la sexualité découlant des techniques contraceptives utilisées. Le travail contraceptif (multiforme et très largement féminin) impliqué par chaque méthode y est également interrogé, de même que ses effets en matière de désirs, de plaisirs et de pratiques sexuelles. Enfin, la recherche met en évidence, grâce à l’étude de la contraception, certains fondements de la sexualité hétérosexuelle contemporaine. Ce sont en particulier la force de la réciprocité, la centralité de la pénétration pénovaginale et la nécessité des disponibilités physique et émotionnelle pour le bon déroulement du script « banal » qui sont mises en évidence, ainsi que le travail des femmes sur la sexualité pour produire la spontanéité de ce script.

Je poursuis actuellement mes recherches en post-doctorat, à l'Institut national d'études démographiques (Ined) (UR 14 « Santé et droits sexuels et reproductifs »), sur l'effet du rapport au corps et à la santé dans les choix contraceptifs des jeunes femmes en France, en fonction du milieu social.

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