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BD et SHS | Étienne Anheim, de la formation par la BD à la création de BD

Portraits

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25/02/2020

Historien médiéviste au Centre de recherches historiques (CRH) et directeur des éditions de l'EHESS, Étienne Anheim interviendra lors de notre événement "Dessine-moi les sciences sociales ?". Il raconte ses allers et retours entre la lecture et la création de bandes dessinées historiques.


"Quand j'étais jeune, à la bibliothèque municipale, je passais plus de temps au rayon des bandes dessinées qu'à celui de l'histoire. Mais ne voyant pas le rapport entre Edgar P. Jacobs, Philippe Druillet ou Annie Goetzinger, que je lisais, et moi, et ignorant que Benoît Peeters avait fait des sciences sociales et que Frank Giroud était chartiste, je n'avais jamais pensé que je pourrais un jour faire de la bande dessinée. 

Je suis devenu historien de l'Europe médiévale, ce qui est très différent, même si j'avais été marqué par l'histoire de France en bandes dessinées de Larousse, qui me laissait impressionné (la Révolution française par Manara) ou insatisfait (un Moyen Âge souvent évanescent graphiquement). 

Partageant ma vie avec une historienne passionnée de BD, Valérie Theis, nous avons accepté avec plaisir en 2012 la proposition de Sophie de Closets, éditrice mais aussi historienne de formation, de collaborer au premier volume d'une nouvelle collection de biographies historiques en BD coéditée par Fayard et Glénat. En tant que conseillers historiques, nous avons participé aux volumes consacrés à Philippe le Bel (2014, avec Christophe Regnault et Mathieu Gabella), Saint Louis (2015, avec Filippo Cenni, Mathieu Mariolle et Alex Nikolavitch) et Philippe Auguste (2018, avec Michael Malatini et Mathieu Gabella). 


Couverture de Philippe le Bel

Ces projets, malgré leurs contraintes (de grandes figures historiques, des hommes, des biographies, etc.), ont été l'occasion d'une réflexion sur la manière dont l'histoire pouvait se "traduire" en BD. Il ne s'agissait pas seulement de documenter, mais aussi de construire ensemble des outils spécifiques, à l'aide du dessin, du découpage, etc., pour rendre compte de problématiques de sciences sociales. 

Le travail étroit avec les dessinateurs et les scénaristes a aussi été l'occasion d'un apprentissage concret des métiers de la BD, qui nous a été très utile lorsque Sylvain Venayre nous a confié le volume de la collection "Histoire dessinée de la France", coéditée par La Découverte et La Revue dessinée, sur la guerre de Cent ans, en collaboration avec la formidable dessinatrice Sophie Guerrive. Cette fois, nous n'étions pas seulement conseillers scientifiques, mais vraiment scénaristes. Nous ainsi avons pu imaginer avec Sophie Guerrive À la vie, à la mort (paru en 2019), un récit graphique et historique affranchi de tout réalisme, dans lequel la Mort raconte ses souvenirs de la fin du Moyen Âge, mais un récit d'autant plus engagé dans une histoire science sociale que l'onirisme donnait les moyens de la réflexivité.


Couverture d'À la vie, à la mort


Pendant ce temps, j'ai aussi continué à faire un peu d'Histoire, en publiant Clément VI au travail. Lire, écrire, prêcher au XIVe siècle et Le travail de l'Histoire (Éditions de la Sorbonne, 2014 et 2018) et en dirigeant la revue Annales. Histoire, Sciences Sociales de 2011 à 2018. Aujourd'hui, je suis directeur des Éditions de l'EHESS."

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