/medias/image/10344172155bd854430f43d.png
Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Entretien avec Sarah Bourcier Laskar, étudiante en master à Marseille

Portraits

-

09/10/2019

Sarah Bourcier Laskar, étudiante en M2 dans le master Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie à Marseille, étudie les espaces publics en ville. Elle nous raconte son entrée à l’EHESS, les recherches qu’elle y mène et ses idées de parcours au sortir de l’École.

 

Pourquoi et comment avez-vous rejoint l’EHESS ? 

À la suite d’une licence de Sciences sociales à l’université Lyon 2, lorsque je suis revenue d’un échange universitaire d’une année en Colombie, les premières expériences de terrain m’ont donné envie de poursuivre cette approche des sciences sociales par l’enquête empirique. J’ai postulé pour plusieurs cursus, dont le master Recherches comparatives en anthropologie, histoire et sociologie pour son interdisciplinarité. C’est donc à Marseille que j’ai réalisé mon master.

 

Quels y sont vos sujets de recherche ? 

Je m’intéresse depuis longtemps aux espaces publics urbains, depuis leur conception, à leur appropriation par les citadins en passant par leur régulation, ces espaces communs m’interrogent beaucoup. Une première étude des espaces publics en bords de mer à Marseille a concentré mon M1, puis j’ai répondu à une offre de stage en janvier dernier, provenant du programme de recherche-action OCAPI au sein du laboratoire de recherche LEESU de l’École des Ponts et Chaussées, qui cherchait un·e étudiant·e pour enquêter sur la pratique informelle du « pipi sauvage » à Paris. 

Le mémoire que je suis en train de finir entreprend de mobiliser ces trois disciplines. Il reprend les travaux historiques sur la genèse des gestes de civilités tels que la politesse, les politiques hygiénistes qui ont bouleversé l’espace urbain du XVIe et XIXe siècle et la question de la gestion des déchets dans les villes contemporaines pour saisir le cheminement qu’a vécu l’urine avant d’arriver dans nos toilettes. Il questionne aussi les rituels purificateurs autour des pratiques excrémentielles, du dégoût et de la honte. 

Puis, un travail de terrain de plusieurs mois m’a permis de décrire les dimensions spatiales, temporelles et genrées de l’« urine sauvage » dans l’espace public parisien. Enfin, en questionnant les conditions de régulations des épanchements d’urine par les institutions municipales parisiennes, différentes méthodes de mise en ordre de l’espace public sont apparues. L’enquête de terrain s’est déroulée en trois étapes distinctes : 

  • La première étape de recensement des sanitaires publics et semi-publics existants dans l’espace public parisien. 
  • La seconde étape d’ethnographie des personnes occupant ou urinant dans les rues de Paris. Le choix de trois zones d’observation (Canal de l’Ourcq et Canal Saint Martin ainsi que les Quais de la Seine) m’a permis de limiter l’observation des citadins dans l’espace public. Ces observations se sont jumelées à des entretiens informels avec des hommes et des femmes ayant déjà uriné dans l’espace public, ou ne souhaitant pas le faire.
  • Enfin la troisième étape de cette enquête de terrain a consisté en une série d’entretiens avec les riverains, les commerçants, les créateur·rices d’urinoirs et les pouvoirs publics municipaux de Paris (adjoints à la Mairie de Paris et techniciens politiques).

 

Que vous apporte l’EHESS dans votre travail ? 

Une méthodologie, une adresse et un accès aux bibliothèques virtuelles et physiques. La possibilité de stages au cours d’un master a été une expérience très riche.

Toutefois, j’aimerais avoir plus de possibilités d’échanges avec les enseignant·es en lien avec des thématiques précises, or ces temps-là sont très peu organisés. 

Et enfin ce que m’a surtout apporté l’EHESS, c’est la rencontre d’autres étudiant·es avec lesquel·les nous avons pu partager des réflexions, des impasses et des expériences amicales. 

 

Quel parcours envisagez-vous au sortir de l’École ? 

J’aimerais beaucoup continuer mes études en thèse. Toutefois, au vu du peu de financement actuel des thèses, décrocher un contrat doctoral est un vrai défi. 

L'enseignement est un aspect de la recherche qui m’intéresse de plus en plus et dans lequel je souhaiterais m’engager un jour.


234 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Portraits

Entretien avec Marie-Hélène Caitucoli, docteure en Études politiques et déléguée générale de la chaire Gouvernance & Régulation de l'université Paris-Dauphine

ML

Maxime Lerolle

02 septembre

1

Portraits

Entretien avec Simon-Pierre Savard-Tremblay, docteur en socio-économie du développement et homme politique au Québec

ML

Maxime Lerolle

05 août

Portraits

Entretien avec Veerle Thielemans, directrice scientifique du Festival d’histoire de l’art

ML

Maxime Lerolle

04 juin